11 à 20
 
 11. Bruce Springsteen - Born To Run
1975 (Bill. 23, CHOM 22, RS 21, Top 3000 25, DD 16, KZOK 156, RA 36, GR 80, Voc. 161)

Le boss et sa meilleur chanson tiré de l'album du même nom. Plein d'énergie, à sa manière et tout un solo de Clarence Clemens au saxophone.

Live à Phoenix en 1978



 12. Queen - Bohemian Rhapsody 1975 (Bill. 9, CHOM 23, RS 163, Top 3000 68, Bill. 5000 32, DD 8, KZOK 11, GS 39, Voc. 4)

Une chanson écrite par Freddie Mercury, pour l'album A Night at the Opera. La chanson, qui adopte le style opéra rock, repose sur une structure assez inhabituelle pour un titre de musique pop : découpée en six parties, elle est dépourvue de refrain et comporte des arrangements tantôt a cappella, tantôt hard rock. En dépit de la singularité de son format, elle sort en simple et devient un immense succès commercial, marquant une étape décisive dans la carrière du groupe Queen et posant les jalons de sa reconnaissance au panthéon des grands groupes de rock internationaux. Le morceau est accompagné de ce que l'on nomme alors une vidéo promotionnelle, aujourd'hui considérée comme ayant contribué à fixer les bases du langage visuel moderne employé dans les clips vidéo. Par la suite, Bohemian Rhapsody demeure systématiquement joué lors des concerts du groupe et jouit toujours d'une très grande popularité de par le monde.

Genèse du morceau et origine du nom

On en sait très peu sur l'origine du nom du morceau. Selon une interview de Brian May, guitariste du groupe, accordée à un magazine et ultérieurement publiée sur son site Web, Freddie Mercury l'aurait trouvé assez tardivement au cours des sessions d'enregistrement. D'après un documentaire de 2004 de la BBC, incluant des entretiens avec le producteur du morceau, Roy Thomas Baker, les premières bandes enregistrées étaient simplement étiquetées « Fred's thing » (« le truc de Fred », Fred désignant Freddie Mercury).

D'une façon générale, le titre évoque une chanson au format hors norme (la rhapsodie) traitant de quelqu'un qui ne se plie pas aux règles de la société (le Bohémien).

Freddie Mercury compose le morceau sur un piano droit qu'il a installé dans son appartement londonien. Dans un entretien accordé en 2000, Reinhold Mack, producteur du groupe au début des années 1980, a dit tenir de Mercury que ce dernier était parti d'une idée de base, en l'occurrence, un mélange entre le rock et l'opéra, l'avait peaufinée, puis avait ajouté et enlevé des éléments jusqu'à l'obtention exacte de ce qu'il désirait.

Enregistrement

L'enregistrement de la chanson se déroule sur six semaines, en collaboration avec le producteur Roy Thomas Baker. Il commence le 24 août 1975 au Rockfield Studio 1, près de Monmouth au Pays de Galles, au terme de trois semaines de répétition dans le Herefordshire. Au cours de ces six semaines, quatre autres studios seront eux aussi utilisés, Roundhouse, SARM, Scorpion et Wessex. Selon les autres membres du groupe, Freddie Mercury, qui a la chanson définitive en tête dès le début, les dirige pendant tout l'enregistrement.

Pour appréhender l'ampleur du travail en studio engendré par ce titre en 1975, il faut comprendre les méthodes d'enregistrement dont disposent les producteurs et les musiciens de l'époque. Étant donné que les studios n'offrent alors que vingt-quatre pistes analogiques, les musiciens doivent enregistrer un grand nombre de bandes, puis les mixer sur une nouvelle, jusqu'à ce que l'ensemble des chœurs et des instruments tiennent sur les vingt-quatre pistes disponibles : cette technique, dite du submix (ou sous-mixage), sera, sur Bohemian Rhapsody, utilisée jusque sur huit niveaux par endroits, à tel point que les bandes, initialement opaques, deviennent transparentes au fil des séances de travail, perdant leur couche d'oxyde à force de passages sur les têtes d'enregistrement. Après ce travail de mixage, les parties des bandes que l'on souhaite conserver sont coupées au rasoir, puis raccordées ensemble dans le bon ordre à l'aide de ruban adhésif.

Pour Bohemian Rhapsody, sont d'abord enregistrées les parties instrumentales « simples » — comprenant le piano à queue de Freddie Mercury (celui qui fut utilisé par les Beatles pour l'enregistrement de Hey Jude), la guitare de Brian May, la basse de John Deacon et la batterie de Roger Taylor — qui serviront de base pour les séances ultérieures d'enregistrement d’overdubs de guitare et de voix. L’overdub consiste à ajouter des pistes supplémentaires sur un travail précédemment enregistré, ce qui permet de multiplier virtuellement les instruments ou parties vocales. Brian May, Freddie Mercury et Roger Taylor travaillant chaque jour leurs parties vocales pendant dix à douze heures, il en résulte l'enregistrement de 180 overdubs distincts.

Bohemian Rhapsody, qui constitue à ce jour le morceau le plus cher jamais réalisé, demeure, en terme d'enregistrement, l'un des plus élaborés de l'histoire de l'industrie du disque.

Sortie commerciale

Lorsque Freddie Mercury demande à exploiter commercialement le morceau sous forme de simple, il s'entend rétorquer qu'avec ses 5 minutes et 55 secondes, Bohemian Rhapsody est trop long et ne peut pas faire un succès. Mercury décide alors d'en donner une copie à son ami Kenny Everett, célèbre animateur de la fréquence londonienne Capital Radio. Ce faisant, il prend soin de l'informer — en appuyant ses dires d'un clin d'œil amical — que le morceau est réservé à une écoute personnelle et ne doit surtout pas être diffusé. Le plan fonctionne à merveille : Everett, qui a saisi le message, capte l'attention de ses auditeurs en passant des extraits du morceau pendant son émission. Finalement, il en arrive à passer le morceau jusqu'à quatorze fois par jour. À partir de là, les grandes radios acceptent de diffuser Bohemian Rhapsody dans son entier. La chanson est un succès et sort donc en simple selon les vœux de Freddie Mercury, avec le morceau I'm in Love with My Car de Taylor sur la face B.

Structure du morceau

Le morceau est constitué de six sections distinctes : introduction, ballade, solo de guitare de Brian May, partie opéra, partie hard rock et conclusion (outro). Le même style, au stade embryonnaire, se retrouve dans de précédents morceaux du groupe, tels que My Fairy King, Liar ou encore The March of the Black Queen. Ces trois titres, composés par Mercury, sont connus pour leurs quelques similitudes avec Bohemian Rhapsody en termes de style de composition musicale.

Introduction (0:00-0:48)

La chanson commence en sol mineur, avec quatre parties a cappella très rapprochées, enregistrées en multipiste par Mercury. Le narrateur s'interroge sur la différence entre le « réel » et l'« imaginaire », avant de conclure qu'« on ne peut échapper à la réalité ». Après quinze secondes, un piano de concert fait son entrée, tandis que la voix solo de Mercury alterne avec les chœurs. Le narrateur se présente comme un « pauvre garçon », mais avertit qu'il ne souhaite susciter aucun témoignage de pitié, car « rien n'est vraiment important » : les jeux d'alternances chromatiques sur « easy come, easy go » soulignent l'atmosphère onirique du morceau. Cette première partie prend fin avec l'entrée de la basse et les jeux d'arpèges du piano, cette fois en si bémol majeur.

Ballade (0:48-2:36)

La basse de John Deacon marque les premiers temps de chaque mesure et l'harmonie est ponctuée par le piano ; ensuite, les chœurs cèdent la place au solo de Mercury. Le narrateur explique qu'il « vient de tuer un homme », et qu'il vient par là de détruire sa propre vie. Grâce à quelques passages chromatiques descendants, la basse amène une modulation en mi bémol, permettant l'entrée de la batterie de Roger Taylor (vers 1:19). Le narrateur invoque pour la première fois sa mère (« Mama ») dans la nouvelle tonalité, en transposant le thème original. Il explique qu'il regrette de la faire pleurer et l'incite à tenir le coup (« carry on, carry on »).

Comme la ballade en arrive à son deuxième couplet, le narrateur se dit fatigué et abattu par ses actions : Brian May entre à la guitare, en imitant les arpèges aigus donnés par le piano (1:50). Le narrateur prend congé du monde et se prépare à « faire face à la vérité », regrette d'avoir à mourir, et souhaite n'être jamais né.

Solo de guitare (2:36-3:02)

Avec cette dernière réplique, la musique gagne en intensité, laissant la place à la guitare solo de Brian May, qui sert de pont de la ballade à l'opéra. Le solo de guitare évolue à travers des gammes modifiées de si bémol, pour s'envoler dans les aigus. En contrepoint, la basse achève une descente chromatique pour introduire une nouvelle modulation, lorsque l'orchestre s'interrompt brutalement (3:02), ne laissant qu'un accord de la majeur (la nouvelle tonalité) marqué sur des croches fuyantes : l'opéra commence ici. En concert, la scène s'éteint et les membres du groupe sortent de scène pour laisser le playback prendre en charge cette section, devenue impossible à jouer en direct tant les voix s'étaient complexifiées grâce au multipiste.

Opéra (3:02-4:07)

À chaque fois que Freddie chantait un nouveau 'Galileo', je rajoutais un morceau de bande sur la bobine... Cette partie du morceau a pris environ trois semaines d'enregistrement à elle toute seule, ce qui, en 1975, correspondait au temps moyen nécessaire à l'enregistrement d'un album entier. – Roy Thomas Baker

Une série rapide de changements rythmiques et harmoniques introduit une section intermédiaire évoquant l'opéra, contenant l'ébauche du travail multipiste plus élaboré qui va ensuite décrire la « descente aux enfers » du narrateur. Tandis que la base rythmique du morceau demeure, la dynamique varie grandement, passant graduellement d'un simple duo piano-voix au chœur complet soutenu par la batterie, la basse, le piano et le timpani.

Cette partie nécessite 180 prises de son. D'après Taylor, les voix respectives de May, Mercury et lui-même, une fois réunies, constituaient une gamme vocale large : « Brian pouvait descendre assez bas, Freddie avait une voix incroyablement puissante dans les fréquences moyennes et j'étais assez bon pour les aigus. » Cela s'avère utile dans la mesure où le groupe souhaitait créer « un mur de son, commençant bas et grimpant jusqu'au sommet. »

Le groupe utilise une technique connue sous le nom d'« effet cloche » ( « bell effect ») sur les paroles « magnifico » et « let me go ». En outre, sur « let me go », Taylor, qui chante la section aiguë, prolonge sa note finale alors que le reste du chœur s'est déjà tu. Les références lyriques que l'on retrouve dans ce passage incluent Scaramouche, le fandango, Galileo, Figaro et « Bismillah » tandis que des factions rivales se disputent l'âme du narrateur. L'introduction est rappelée par une inflexion chromatique sur « I'm just a poor boy, nobody loves me ». Cette section se conclut sur un traitement choral complet des paroles « Beelzebub has a devil put aside for me! » sur un accord de si majeur. Roger Taylor chante sa dernière note en fausset, presque deux octaves au-dessus du do original.

Hard rock (4:07-4:55)

La section opéra amène vers un interlude hard rock agressif dont le riff de guitare a été composé par Mercury. À 4:14, Mercury, dont la voix est alors dédoublée, chante des paroles agressives à l'intention d'une personne (« you ») dont l'identité n'est pas précisée, l'accusant de tromperie et de trahison et insiste sur « can't do this to me, baby » (« tu ne peux pas me faire ça, mon amour »). Suivent ensuite trois montées de guitare. À propos de ce passage, May avoue qu'il a dû « se bagarrer » à chaque interprétation sur scène. La troisième et dernière montée est suivie par le piano de Mercury.

Outro (4:55-5:55)

Après que Mercury a joué des octaves montantes de notes sur une échelle diatonique (ou « mixolydienne »), la chanson revient au tempo et à la forme de l'introduction. La guitare accompagne le chœur de « ooh, oh yeah, oh yeah ». Sur le « ooh », la combinaison des deux rappelle un peu le son de trompettes. La guitare, sur ce passage, est jouée sur un amplificateur créé par John Deacon et affectueusement surnommé le « Deacy Amp ». Il y a un changement de coloration tandis que les lourds riffs sont progressivement remplacés par la mélodie de la guitare. Revient alors la ligne de chant de Mercury, « Nothing really matters... ». La ligne finale, « Any way the wind blows », est suivie du son étouffé d'un tam-tam.

Interprétation des paroles

Depuis l'époque de la sortie de Bohemian Rhapsody, nombreux sont ceux qui se perdent en conjectures quant à la signification réelle des paroles. Certains pensent qu'elles décrivent les moments précédant une exécution, citant L'Étranger d'Albert Camus comme une possible source d'inspiration. On évoque également le mythe de Faust et son célèbre pacte avec le diable. Enfin, il en est pour dire que les paroles ont simplement été écrites pour coller au mieux avec la musique. C'est cette dernière théorie qu'Everett soutient, car Mercury lui aurait dit des paroles de sa Rhapsody qu'elles ne sont que « du pur non-sens qui rime ».

Mercury, pour sa part, s'est toujours montré évasif quand il s'est vu directement interrogé sur le sens et l'origine des paroles. Contrairement aux autres membres du groupe, qui se laissent facilement aller à parler de leurs sources d'inspiration quand il s'agit d'écriture, il n'aimait pas trop se livrer à l'analyse de ses créations, préférant que chacun puisse construire son interprétation personnelle. Ce qui est acquis, car souvent confirmé par May, Taylor ou Deacon, c'est que Mercury se sentait intimement lié à cette composition. Il en dira simplement : « C'est une de ces chansons qui véhiculent un sentiment de fantastique. Je crois que les gens devraient simplement l'écouter, y penser, puis se faire leur propre idée sur ce que ça leur raconte. » « Bohemian Rhapsody n'est pas simplement venue de nulle part. J'ai fait quelque chose d'un peu recherché, bien que ça ait un côté irrévérencieux et opéra de pacotille. Pourquoi pas ? »

Le clip vidéo

Le clip du morceau est dirigé par Bruce Gowers, qui met en image les idées du groupe. Cette vidéo est particulièrement destinée à promouvoir les tournées du groupe et à leur permettre de faire une apparition dans l'émission Top of the Pops. Tournée en un peu plus de quatre heures sur le plateau de répétition du groupe à l'aide du camion de tournage d'un des managers du groupe, il coûte 4 500 £ à produire.

Tous les effets visuels sont réalisés lors du tournage. L'effet de zoom arrière sur le visage est obtenu en intercalant le sujet filmé (en l'occurrence, Mercury) entre la caméra et un moniteur, placé dans l'axe, reproduisant l'image filmée. Il suffit alors de décaler légèrement ledit moniteur, qui se retrouve dans le champ de la caméra, pour un effet de multiplication à l'infini.

Le clip de Bohemian Rhapsody est souvent cité comme « la toute première vidéo promotionnelle », le « premier vidéoclip » ou la « première vidéo pop ». Toutefois, Queen avait déjà fait réaliser des clips auparavant, ainsi que d'autres groupes. En fait, la confusion provient d'une interprétation littérale du terme « vidéo » (format électronique), dans la mesure où les précédents clips étaient tournés sur bobine. Cependant, il est vrai que le succès du morceau et de son clip a fortement contribué à généraliser ce mode de communication chez les majors du disque et les labels plus modestes. Ce type de vidéo permet à l'époque de présenter les nouveautés dans des émissions comme Top of the Pops sans que les artistes aient besoin d'être physiquement présents. En outre, l'avènement du clip permet aux musiciens de choisir eux-mêmes l'accompagnement visuel de leurs morceaux, plutôt que de le confier à des troupes de danseurs spécialisées.



 13. The Jimi Hendrix Experience - Purple Haze 1967 (CHOM 28, RS 17, Top 3000 41, DD 41, KZOK 29, GR 11, GS 144)

La première pièce qui tourne d'Hendrix, personne n'avait jouer de la guitare électrique comme ça avant lui. Aujourd'hui encore personne n'est vraiment arriver à le surpasser.

Purple Haze est une chanson écrite le 26 décembre 1966 par Jimi Hendrix dans une boîte londonienne, puis enregistrée par son groupe The Jimi Hendrix Experience en 1967 et sortie en simple en Angleterre et aux États-Unis. Elle apparaît également sur l'édition américaine de leur premier album, Are You Experienced.

Certains pensent que c'est un hymne à la drogue, le Purple Haze étant une variété de cannabis de couleur pourpre. Jimi, quant à lui, affirma : « L'idée venait d'un rêve que j'avais fait, dans lequel je marchais sous la mer. C'était en rapport avec une histoire que j'avais lue dans un magazine de science fiction ».

Cette chanson endiablée très bluesy est considérée par beaucoup comme l'un des précurseurs du hard rock..

À sa première apparition aux États-Unis (Monterey 1967)



 14. The Who - My Generation 1965 (CHOM 113, RS 11, Top 3000 13, DD 36, KZOK 263, RA 2, GR 178, Drum 41, Bass 13, Voc. 92)

Une chanson écrite par Pete Townshend, guitariste du groupe. Elle apparaît sur l'album du même nom en 1965. Il s'agit d'un des premiers simples à succès du groupe, réputé pour ses paroles incisives et sa musique agressive.

L'enregistrement de My Generation a eu lieu le 13 octobre 1965 aux studios IBC de Londres.

Paru en simple au Royaume-Uni le 29 octobre 1965, My Generation atteint la 2e place des ventes. Le simple sort le 20 novembre aux États-Unis et y atteint la 74e place du Billboard Hot 100 et la 99e au Cash Box.

Genèse et enregistrement

Pete Townshend aurait écrit cette chanson le jour de son vingtième anniversaire, le 19 mai 1965. C'était à l'origine, semble-t-il, un blues dans le style de Jimmy Reed, inspiré par la chanson de Mose Allison ''Young Man Blues'', qui fut souvent reprise sur scène par les Who. La chanson traitait des angoisses de Townshend vis-à-vis de sa vie d'adulte qui débutait, et ses craintes concernant son avenir.

Le morceau ne prit sa forme définitive qu'après plusieurs mois de tâtonnements. Le groupe dut s'y reprendre plusieurs fois pour enregistrer le titre. Après deux premières séances, ils eurent l'idée de rajouter des solos de basse alternant avec la rythmique plus classique. Pour obtenir le son puissant et clinquant qu'il souhaitait, John Entwistle dut se payer une basse Danelectro, popularisée par le groupe instrumental The Ventures, seul instrument possédant les cordes nécessaires pour le son recherché. À la troisième séance d'enregistrement, Entwistle brisa toutes les cordes de l'instrument, mais ne put trouver un jeu de remplacement. Il dut acquérir une seconde basse, mais se retrouva à nouveau confronté au même problème, et fut forcé d'acheter une troisième Danelectro. C'est cet instrument qui fut enregistré pour la version finale, au bout de deux prises, le 13 octobre 1965 aux studios IBC.

L'idée de Pete Townshend était d'enregistrer My Generation comme un blues lent, sans les bégaiements de Roger Daltrey. Avec l'aide du manager du groupe Chris Stamp, Townshend en accéléra le rythme et Daltrey y introduisit des bégaiements, inspirés selon lui du Stuttering Blues (en français : Blues bégayant) de John Lee Hooker. Cette particularité a été souvent interprétée comme un clin d'œil à une drogue prisée dans les années 1960, le speed, qui faisait bégayer son consommateur. Pete Townshend, en 2002, affirme cependant que cette référence aurait été « inconsciente ». En réalité, les bégaiments de Daltrey ont une origine involontaire: pendant les prises, Keith Moon, à qui Roger Daltrey tournait le dos, passait son temps à lancer toutes sortes de projectiles dans le dos de Daltrey. Celui-ci, au comble de l'exaspération, s'est donc mis à begayer.

Caractéristiques artistiques

Cette chanson débute par deux accords (Sol et Fa), joués par la guitare et la basse.

S'ensuit une sorte de dialogue entre Roger Daltrey, bégayant volontairement, et les choristes, et entre la guitare et la basse. Daltrey chante une phrase, soutenu par la basse, et ensuite le chœur, soutenu par la guitare, lui répond. Le tout est mené par un rythme de batterie frénétique joué par Keith Moon.

Le son est dur, presque violent, présentant des caractéristiques qui annoncent le punk avec dix ans d'avance. On peut notamment observer l'utilisation de power chords. En outre, cette chanson est également l'une des premières de l'époque à présenter un solo de basse, toujours bâti sur le système de question-réponse, très cher au blues. Suit une modulation, reprenant le premier couplet. La chanson se termine dans un fracas de roulements de batterie et de feedback.

Réception

La chanson eut un certain impact sur la scène rock anglaise de l'époque. Impact commercial d'abord, puisque le morceau parvint à la seconde place des charts locaux, plaçant brutalement le groupe au centre de toutes les attentions. Impact musical ensuite, puisque la violence de ce morceau donna d'innombrables idées aux suiveurs des Who. Il est également à noter que le son de basse totalement nouveau inspira les amateurs de cet instrument, prouvant que la basse pouvait très bien être au premier plan sur un enregistrement rock.



 15. John Lennon - Imagine 1971 (Bill. 3, CHOM 56, RS 3, Top 3000 26, Bill. 5000 2712, DD 15, KZOK 317, RB 1)

Une chanson utopique, qui apparaît dans son album Imagine. Bien que créditée seulement de Lennon, la contribution de son épouse Yoko Ono a été largement reconnue. Produite par Phil Spector, la elle est réapparue comme numéro un des ventes au Royaume-Uni en janvier 1981, John Lennon étant décédé en décembre 1980.

Imagine est considérée comme une des meilleures chansons pop jamais créées, le magazine Rolling Stone la consacrant troisième plus grande chanson de tous les temps.

Composition

Les paroles ont été inspirées à Lennon par l'espoir d'un monde en paix, dont il dira lui-même : « Ce n'est pas un nouveau message : avec Give Peace a Chance, nous ne sommes pas déraisonnables, nous disons juste « donnez une chance à la paix ». Avec Imagine, nous disons « Pouvez-vous imaginer un monde sans pays ou religions ? » C'est le même message, encore et encore. Et c'est positif. »

Yoko Ono a expliqué que les paroles d' Imagine étaient « juste ce que John croyait, que nous étions tous un pays, un monde, un peuple. Il voulait faire ressortir cette idée ».

Lennon commenta aussi que la chanson était « anti-religieuse, anti-nationaliste, anti-norme et anticapitaliste, mais qu'elle était acceptée parce qu'elle était enrobée de sucre ». Il la décrit également comme « virtuellement le Manifeste du Parti communiste ».

Le refrain de la chanson peut avoir été en partie inspiré par la poésie de Yoko Ono, en réaction à son enfance au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale dans son livre de 1965 Grapefruit, où elle écrit « Imagine une goutte de pluie » et « Imagine les nuages ».



 16. The Kingsmen - Louie Louie 1963 (Bill. 2, CHOM 42, RS 55, Top 3000 11, Bill. 5000 821, DD 32, KZOK 102, RA 82)

Une chanson de rhythm'n'blues composée par Richard Berry en 1956, devenue l'un des plus grands classiques de l'histoire du rock.

Richard Berry & The Pharaohs enregistrent la chanson en avril 1957 pour le label Flip sur un rythme calypso, pour une simple face B de You Are My Sunshine. La chanson raconte l'histoire d'un marin jamaïcain qui explique à un barman nommé "Louie Louie" qu'il doit retrouver sa fiancée.

Passé pourtant plutôt inaperçu, le morceau commence à être repris au début des années 1960 par d'obscurs groupes des Etats du nord-ouest, comme Rockin' Robin Roberts & The Fabulous Wailers, ou Paul Revere & The Raiders de Portland. Les Kingsmen, originaires de la même ville, le reprennent en avril 1963 avec un arrangement primaire. Le titre sort chez Wand en mai et obtient la 2e place des hit-parades en décembre. Certains y voient l'acte fondateur du style garage rock. Le chanteur Jack Ely, qui n'a pas bien compris les paroles, marmonne sur certains passages, ce qui fait croire aux autorités qu'il s'agit d'obscénités, et plusieurs radios censurent le disque.

Cette chanson est devenue un classique et une sorte de passage obligé pour tous les guitaristes de rock. Elle a été tellement reprise qu'en 1993, on en recensait 1200 versions différentes. Des livres et des disques entiers lui sont consacrés, et un concert a été organisé pour fêter ses quarante ans, quelques jours seulement après le décès de Richard Berry.



 17. Jimi Hendrix - All Along The Watchtower 1968 (Bill. 20, CHOM 106, RS 48, Top 3000 81, DD 13, KZOK 3, GR 70, GS 3)

Une reprise de Bob Dylan, dans cette pièce tout le talent de Hendrix est la. Le superbe solo de guitare avec la pédale Wah-Wah est mémorable.

Sa version figure sur l'album Electric Ladyland, sorti en 1968. Elle gagna beaucoup plus en popularité que celle de Dylan, atteignant le Top 40 aux États-Unis et se classant quelquefois dans les charts anglais.

Hendrix aurait dit :
« All those people who don't like Bob Dylan's songs should read his lyrics. They are filled with the joys and sadness of life. I am as Dylan, none of us can sing normally. Sometimes, I play Dylan's songs and they are so much like me that it seems to me that I wrote them. I have the feeling that Watchtower is a song I could have come up with, but I'm sure I would never have finished it. Thinking about Dylan, I often consider that I'd never be able to write the words he manages to come up with, but I'd like him to help me, because I have loads of songs I can't finish. I just lay a few words on the paper, and I just can't go forward. But now things are getting better, I'm a bit more self-confident. »

(« Les gens qui n'aiment pas les chansons de Bob Dylan devraient lire ses textes. Ils sont faits des joies et des peines de la Vie. Je suis comme Dylan, aucun de nous deux ne peut chanter normalement. Parfois, je joue des chansons de Dylan et elles me ressemblent tellement que j'ai l'impression de les avoir écrites. Je perçois "Watchtower" comme une chanson que j'aurais pu écrire, mais je suis sûr que je ne l'aurais jamais achevée. Quand je pense à Dylan, je me dis souvent que je n'aurais jamais pu écrire les textes qu'il parvient à produire, mais j'aimerais qu'il m'aide, parce que j'ai beaucoup de chansons que je n'arrive pas à terminer. Je pose juste quelques mots sur le papier, et je ne peux pas aller plus loin. Mais maintenant les choses s'améliorent, je suis un peu plus sûr de moi. »)

L'album South Saturn Delta présente la même prise de la chanson avec un mixage différent. On en retrouve des versions live sur la vidéo d'Atlanta, les albums et vidéos consacrés à l'île de Wight (comme Blue Wild Angel: Jimi Hendrix Live At The Isle Of Wight).

Live à l'ile de Wight en 1970, un mois avant sa mort.



 18. Chuck Berry - Johnny B. Goode 1958 (Bill. 8, CHOM 26, RS 7, Top 3000 6, Bill. 5000 2049, DD 2, RA 38, GR 7, GS 107)

La pièce la plus représentatrice du rock'n'roll, tout musicien qui joue du rock a surement jouer cette pièce un moment donné.

Elle raconte l'histoire largement autobiographique d'un garçon de la campagne qui « jouait de la guitare comme on sonne une cloche ».

La sonde Voyager I, envoyée dans l'espace en 1977, contient une copie de cette chanson.

Johnny B. Goode est considérée comme une des meilleures chansons rock jamais créées, le magazine Rolling Stone la consacrant septième plus grande chanson de tous les temps.

Elle a été reprise par des centaines d'artistes au cours des années.

Live en 1958 avec commentaires intéressants


 
 19. The Kinks - You Really Got Me 1964 (Bill. 7, CHOM 111, RS 82, Top 3000 17, Bill. 5000 3402, DD 26, KZOK 87, RA 75, GR 9, GS 74, Voc. 179)

Dans leur nouveau studio de Londres, The Kinks et le producteur Shel Talmy (également producteur des Who) enregistrent cinq chansons, quatre sont édités en deux simples 45 tours. Ne rencontrant aucun succès, le contrat qui les lie à la société PYE est remis en cause: selon la légende, Ray retouche alors l'une de ses compositions, alors que Dave lacère de rage son amplificateur, lequel produit un son distordu jamais entendu alors, et qui est à l'origine de You Really Got Me en 1964. On peut toutefois signaler que Link Wray reste l'inventeur de la guitare distordue pour avoir percé son ampli avec un crayon en 1958.

You Really Got Me est devenu un classique du rock et une des chansons les plus jouées parmi les guitaristes débutants. Elle est considérée par certains comme le premier morceau de Hard-rock.

La chanson est enregistrée aux studios IBC à Londres le 4 juillet 1964 sous la houlette du producteur Shel Talmy. Editée par Pye le 4 août 1964 au Royaume-Uni, c'est le troisième 45 tours des Kinks. Elle sort le 26 août aux États-Unis sur le label Reprise. Le simple est numéro 1 dans le classement des meilleures ventes de disques britanniques le 27 août et atteint la 7e place du hit-parade américain en septembre.

Il est souvent raconté que c'est Jimmy Page qui joue le célèbre riff de guitare sur ce morceau, mais il n'en est rien. Page a participé à d'autres enregistrements des Kinks, mais pas sur ce titre.



 20. The Rolling Stones - Sympathy For The Devil 1968 (CHOM 72, RS 32, Top 3000 34, DD 30, KZOK 289, GS 169, Bass 144, Voc. 42)

Une chanson écrite par Mick Jagger et parue sur l'album Beggars Banquet le 6 décembre 1968.

Ecriture

Au départ appelée Devil is my name, cette chanson chantée par Mick Jagger est une allusion au Diable dont le chanteur revêt directement le costume en mentionnant notamment le Christ, le Tsar Nicolas II de Russie, sa fille Anastasia Nikolaïevna de Russie ainsi que la famille Kennedy. Contrairement à des chansons comme Midnight Rambler, Monkey Man ou l'album Their Satanic Majesties Request où les allusions au Diable sont plus implicites, celles de Sympathy for the Devil sont clairement exprimées plus directement.

La chanson a été inspirée par Le Maître et Marguerite, un roman de l'écrivain soviétique Mikhaïl Boulgakov.

Analyse des paroles

Au premier couplet, le narrateur commence par se présenter : c'est un « homme riche et de goût », qui « a volé à beaucoup d'hommes leur âme et leur foi ». Ce personnage était présent lorsque Jésus-Christ doutait, et il s'est assuré que Ponce Pilate scelle son sort en s'en lavant les mains.

L'identité du narrateur est évidente, il s'agit du Diable, bien que son nom ne soit pas explicitement cité. De fait, le refrain de la chanson est « Pleased to meet you / Hope you guess my name » (« Ravi de te rencontrer / J'espère que tu devines mon nom »). Il explique ensuite que c'est « la nature de son jeu qui nous déconcerte ».

Il narre ensuite ses « exploits », avec successivement les assassinats des Tsars et de leurs ministres à Saint-Pétersbourg (car « il était temps de changer ») et la Blitzkrieg qui fait rage (pour laquelle « il a conduit un tank, et est devenu général »). Le diable raconte comment il s'est délecté des guerres qui ont duré des décennies, pour des dieux créés de toutes pièces. Les meurtres des Kennedy ? « C'était vous et moi », dit-il.

La dernière partie de la chanson est consacrée aux dernières mises au point. « Chaque policier est un criminel », « chaque pécheur est un saint », et « pile est face ». Le Diable qui, parce qu'il doit faire preuve de retenue, invite son public à l'appeler Lucifer, profère quand même quelques menaces : « soyez polis et compatissants avec moi, sinon, je jetterai votre âme aux ordures... »

Réception

En plus du thème, la chanson est considérée pour beaucoup comme un modèle de composition, que ce soit pour les tams-tams, les chœurs, et évidemment le solo de guitare (composé par Keith Richards). Le dit solo deviendra en concert un incontournable avec toutes les variantes improvisées que les Stones ont su en tirer, notamment sur Get Yer Ya-Ya's Out!.

Un documentaire expérimental du nom Sympathy for the Devil (intitulé One Plus One en Europe) a été réalisé par Jean-Luc Godard dont l'une des deux parties est consacrée à l'enregistrement de la chanson des Stones.

Vidéo très intéressant montrant les Stones qui travaillent sur la chanson en studio.



 21 à 30
 
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